Combien de fois mentons-nous par jour ? La science répond

Dans une société où le mensonge est parfois considéré comme une pratique nécessaire pour faciliter les relations humaines, il peut être intéressant de se poser la question : combien de fois mentons-nous par jour en moyenne ? Grâce à des études menées par des psychologues et des chercheurs, nous pouvons désormais apporter une réponse à cette interrogation.

Le mensonge dans notre quotidien

Tromper, dissimuler, exagérer… Autant de pratiques courantes du mensonge qui traversent nos vies au quotidien. Mais pourquoi avons-nous recours au mensonge ? Il est souvent utilisé pour éviter de blesser ou décevoir autrui, pour préserver notre image personnelle ou encore pour échapper à la sanction d’un acte répréhensible. Le mensonge peut être perçu comme un outil permettant de naviguer plus aisément dans les interactions sociales et éviter les conflits.

Fréquence des mensonges : qu’en disent les études ?

Plusieurs recherches se sont penchées sur le nombre de mensonges proférés quotidiennement par les individus et donnent des estimations relativement proches les unes des autres. Des études suggèrent que nous mentirions en moyenne entre 1,65 à 2,92 fois par jour, avec une marge d’erreur due aux variations individuelles et contextuelles.

Les travaux de Bella DePaulo

La chercheuse et psychologue Bella DePaulo a conduit une étude dans les années 1990 aux États-Unis, demandant à des participants de noter tous leurs mensonges durant une semaine. Les résultats ont montré que les individus mentaient en moyenne 1,96 fois par jour. Cette recherche a également permis d’identifier des profils différents selon la fréquence des mensonges : certains participants ne mentaient presque jamais alors que d’autres avaient recours au mensonge plusieurs fois par jour.

Une étude allemande récente

Une autre étude, menée en Allemagne en 2019 par le chercheur Markus Denzler, s’est intéressée à cette question en interrogeant un échantillon représentatif de la population. Selon cette recherche, les Allemands mentiraient en moyenne 2,2 fois par jour.

D’autres recherches concordantes

Plusieurs autres études, réalisées à travers le monde et sur différentes populations, aboutissent à des résultats similaires, oscillant généralement entre 1 et 3 mensonges par jour en moyenne.

Les types de mensonges les plus courants

Ces études permettent également de dégager des tendances concernant les types de mensonges les plus fréquemment employés :

  1. Le « mensonge blanc » : il s’agit de petits mensonges parfois considérés comme inoffensifs, car ils visent principalement à préserver les relations sociales et l’estime des autres. Par exemple, dire que l’on aime un cadeau alors que ce n’est pas le cas.
  2. Le mensonge par omission : il consiste à ne pas révéler certains faits ou informations pour éviter de nuire à soi-même ou à autrui. Ce type de mensonge peut être considéré comme plus subtil car il ne nécessite pas de formuler explicitement une fausseté.
  3. Les « faux-semblants » : cette catégorie regroupe les mensonges liés à la dissimulation ou l’exagération de certaines caractéristiques personnelles dans le but de séduire, impressionner ou simplement se conformer aux attentes d’autrui.

Bien évidemment, ces typologies ne sont pas exhaustives et la frontière entre elles peut parfois être floue.

Le mensonge en fonction de l’âge et du sexe

Des différences significatives peuvent être observées selon le sexe et l’âge des individus en termes de fréquence et de nature des mensonges :

  • Hommes et femmes : plusieurs études montrent que les hommes mentiraient légèrement plus souvent que les femmes, quoique cette différence reste minime. En revanche, les sujets de leurs mensonges tendent à diverger : les hommes auraient plutôt tendance à mentir pour renforcer leur image personnelle, tandis que les femmes utiliseraient davantage le mensonge pour protéger autrui de sentiments négatifs.
  • Les enfants : Le mensonge se développe dès le plus jeune âge chez l’enfant, généralement autour de l’âge de 3 ans. Les jeunes enfants mentent principalement pour éviter d’être punis ou pour obtenir des récompenses. La fréquence du mensonge tend à augmenter jusqu’à l’adolescence, puis décroit ensuite avec l’âge
  • Les personnes âgées : La fréquence des mensonges semble diminuer avec l’âge et les études suggèrent que les personnes âgées mentiraient nettement moins que les plus jeunes. Cette tendance pourrait s’expliquer par une plus grande maîtrise des relations sociales et un détachement des enjeux liés à l’image personnelle.

Ainsi, grâce aux travaux des chercheurs en psychologie et en sciences humaines, nous avons aujourd’hui une meilleure compréhension de la place du mensonge dans nos vies quotidiennes. Toutefois, il convient de garder à l’esprit que ces chiffres restent des moyennes et que chaque individu est susceptible de présenter des variations plus ou moins marquées selon sa personnalité et son contexte.